La justice promeut l'écriture inclusive
La Justice promeut l'écriture inclusive
Notre expérience des procédures dans le prétoire nous a déjà plusieurs fois démontré hélas que les juges ne s'embarrassent pas automatiquement de rechercher les avis argumentés de spécialistes d'un sujet pour statuer en droit. En matière linguistique, ils se pensent, comme tout un chacun d'ailleurs, compétents. Mais manifestement, ils (et elles bien sûr) n'ont ni la science infuse, ni l'observation clairvoyante.
Or, si certes leur maîtrise de la langue française s'évalue bien au-dessus de la moyenne des citoyens lambda, ils n'ont ni la formation, ni l'expérience des linguistes. Personne n'a bien sûr de leçon à prendre pour respirer car cette fonction vitale est automatique, mais cela ne fait quand même pas de nous des pneumologues.
De même, le fait de s'exprimer avec aisance ne fait pas de nous des linguistes. Cela requiert des diplômes, des outils conceptuels, ainsi que des lectures, des analyses, et une observation sans relâche de la langue vivante au quotidien, à l'écrit comme à l'oral.
Dans l'affaire qui nous intéresse ici, les juges n'ont pas requis les avis et témoignages de l'Académie française, de linguistes de renom tels que Bernard Cerquiglini, Alain Borer, ou Claude Hagège par exemple, ni d'aucun chroniqueur de la presse qui argumentent fréquemment et solidement contre l'écriture inclusive (Marianne, Le Figaro,etc.). Bref, ils jugent du haut de leur (in-)suffisance. Leur chaire est faible !
Pour ma part, je montre longuement ici que l'écriture inclusive ne relève absolument pas de la langue française puisque même ses adeptes les plus farouches ne parviennent pas à la mettre en œuvre. Cet argument de l'impossibilité linguistique n'a jamais été abordé ; il est pourtant irréfutable car apporté par les inclusivistes eux-mêmes (et elles-mêmes bien entendu !) sur le plateau de leur inconscience ignorante.
Mais voici mes commentaires sur les arguments fallacieux des juges dans l'affaire des plaques commémoratives de la mairie de Paris attaquées par l'AFRAV :
| « Il ressort des pièces du dossier, notamment des photographies produites à l’instance, que les plaques commémoratives portant les noms des anciens présidents et présidentes ainsi que des anciens conseillers et conseillères de la Ville de Paris, situées dans l’enceinte de l’hôtel de ville, dans le couloir menant à l’hémicycle et accessibles au public, comportent des intitulés en forme abrégée faisant usage de points de ponctuation, et non de points « médians » comme le soutient l’association requérante, destinés à séparer les termes « président » et « conseiller » de leur terminaison au féminin et au pluriel.» |
Mesdames Hidalgo et Dati changent souvent de portefeuille et de fonction au gré de leurs ambitions, mais pour polyvalentes qu'elles soient, elles ne sont ni historiennes, ni linguistes, le graveur de plaque non plus. Il ne savait pas que le point médian se pose au milieu vertical de la ligne. Et surtout, les juges ne démontrent aucunement en quoi la position du point médian sur la ligne pourrait affecter la validité du moyen soulevé par l'AFRAV.
- D'autre part, la ponctuation ne concerne pas les listes commémoratives mais le découpage de phrases en groupes de sens ou de souffle. Y faire référence à propos de plaques comportant des titres est donc déjà en soi incongru et erroné.
Ainsi ce moyen soulevé par le tribunal est irrecevable. Il s'agit bien d'écriture inclusive, dont la forme ne connaît d'ailleurs aucune codification, donc aucune existence officielle ; qu'on en juge par la variété et l'anarchie des moyens adoptés par ses adeptes. On se perd dans la jungle de ce charabia bricolé et imprononçable (points, tirets, barres obliques. parenthèses...).
- En outre, il est constant que l'écriture inclusive n'est pas oralisable. Or le français est une langue vivante parlée et écrite. Donc, une écriture qui interdit l'oralisation porte une atteinte grave à la nature et la fonction de langue. Elle viole donc bien la loi en créant une autre langue que le français, qu'il faut modifier pour la prononcer.
Le législateur n'a pas envisagé que la langue soit, déconstruite et rendue imprononçable. Mais il se soumet à cette mode délétère.
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En second lieu, la seule circonstance que l’utilisation de graphies visant à faire apparaître la forme féminine de certains mots soit l’objet de débats d’ordre sociétal ne saurait suffire à lui conférer, dans tous les cas, le caractère d’une prise de position politique.
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