Malaisant
Malaisant
J'ai entendu malaisant pour la première fois en 2019 ; ne fréquentant guère les réseaux sociaux, je ne pouvais pas savoir qu'il s'employait souvent déjà. J'ai alors ressenti un ... malaise sans voir immédiatement ce qui me perturbait, me gênait, me troublait, me dérangeait ; après tout, pourquoi pas un synonyme de plus sur la palette de l'embarras ?
Mon dictionnaire de rimes m' a éclairé. Voici une sélection de la longue liste de rimes en -sant qu'il propose : agonisant, amusant, apaisant, soi-disant, blasant, brisant, causant, cautérisant, complaisant, composant, contredisant, contrefaisant, cousant, cuisant, faisant, démoralisant, déposant, déplaisant, déposant, écrasant, électrisant, épuisant, exposant, fertilisant, fusant, germanisant, gisant, luisant, médisant, méprisant, moralisant, opposant, paralysant, patoiser, pesant, plaisant, posant, prédisant, proposant, rasant, satisfaisant, séduisant, suffisant, taisant, tranquillisant.
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L'apparition de malaisant est donc mécaniquement une conséquence de l'appauvrissement général du lexique de base, surtout donc chez les jeunes générations. |
Tous ces mots sont des verbes conjugués au temps présent du mode participe ; certains s'emploient aussi comme adjectifs verbaux. Or le verbe malaiser n'existe plus. Arguer de l'existence de aisé et malaisé, de moins en moins usités n'efface pas la cause de l'apparition de ce néologisme inutile car redondant. Mais la suffixation reste un moyen bien partagé et très puissant de création de mots, notamment dans les traits d'humour. L'apparition de malaisant est donc mécaniquement une conséquence de l'appauvrissement général du lexique de base, surtout chez les jeunes générations. Ce constat de l'échec de l'enseignement n'est plus discuté. Or l'oubli de mots, leur passage en mémoire passive ne supprime pas le besoin d'exprimer les sentiments et impressions, donc les idées correspondantes.
Victimes du néologisme malaisant
(liste non exhaustive) dérangeant, désorientant, déstabilisant, déstructurant, gênant, perturbant, troublant, déplaisant, désagréable, ennuyeux, gênant, importun, incommodant, embarrassant...
https://www.academie-francaise.fr/malaisant
Emplois fautifs
On n’emploie plus aujourd’hui en français l’adjectif verbal aisant, même si le verbe aisier s’est rencontré au Moyen Âge et si le participe passé aisé est, lui, toujours en usage et a servi à créer l’adjectif antonyme malaisé. Pour qualifier ce qui produit un malaise, ce qui gêne, on évitera de recourir à l’adjectif malaisant, que l’on entend aujourd’hui assez fréquemment, puisque de nombreux adjectifs ou locutions, bien ancrés dans la langue, peuvent déjà traduire cette idée.
on dit :
Un silence gênant, embarrassant
Cet homme met tout le monde mal à l’aise
on ne dit pas
Un silence malaisant
Cet homme est très malaisant
C’est malaisant»: ce que cette expression dit de vous
https://www.lefigaro.fr/langue-francaise/actu-des-mots/c-est-malaisant-ce-que-cette-expression-dit-de-vous-20221026
Par Aliénor Vinçotte
Le 26 octobre 2022
L’utilisez-vous au quotidien ? Le Figaro revient sur cette locution, de plus en plus utilisée dans le langage courant.
« C’était malaisant l’autre jour », « Cette personne est grave malaisante ». Si vous n’employez pas (encore) cette phrase, vous l’avez sans doute entendue au moins une fois. Très prisé chez les jeunes et fréquemment utilisé sur les réseaux sociaux, ce néologisme a fait son entrée dans le dictionnaire du Petit Robert en mai 2019, au même titre que les mots-valises « gênance » ou « kiffance ». Il qualifie une situation «qui met mal à l’aise, qui crée un malaise ou une gêne », selon le Petit Robert.
Contrairement à ce qu’on a pu croire, ce mot n’est pas une création québécoise. « Une recherche dans la presse francophone l’atteste seulement depuis 2005 au Québec, mais depuis 1995 en Europe », indique l’Office québécois de la langue française. Par ailleurs, « des occurrences dans des journaux français, tels que Libération, Le Monde, Le Progrès (Lyon), nous donnent à penser que le mot est plus répandu que ne le laisse croire son absence quasi totale des dictionnaires ».